
Description du château
:
Sur le plan d’une forteresse
médiévale
Pour bien appréhender la signification
de la structure de Chambord, il convient de brosser en préambule
quelques grands traits de la société féodale.
A compter du milieu du IXe siècle débute un
processus de privatisation de la chose publique, un morcellement
de l’autorité. A quelques nuances régionales
près, chaque potentat local devient seul maître
sur ses terres: commander, juger, punir et autoriser. Au
centre de ses possessions sur lesquelles il règne
en maître absolu, il érige sa demeure personnelle
et la fortifie. Le lieu devient donc automatiquement le
siège du pouvoir. En résumé, une simple
tour qui domine les campagnes revêt une signification
symbolique : elle incarne la puissance.
Les énormes progrès réalisés
par les armes à feu à partir du premier tiers
du XVe siècle et l’implacable restauration
de l’autorité royale, rendent bien vite obsolète
le concept même du château fort. La société
féodale agonise et seul le roi détient désormais
le précieux droit de gouverner.Le palais dessine
donc un immense rectangle de 156 mètres sur 117,
flanqué aux angles de quatre gros cylindres très
saillants.
Deux autres tours circulaires, énormes, encadrent
la porte. L’ensemble s’inspire largement du
plan type des grandes forteresses bâties par le roi
Philippe Auguste. Une construction carrée appelée
« donjon » (encore un symbole) trône au
milieu de la façade occidentale. Elle est elle aussi
flanquée de quatre tours aux angles. Mais Chambord
doit également satisfaire aux goûts et aux
impératifs de son temps. C’est un espace voué
au luxe, aux fastes de la vie de cour.Témoin unique
d’une époque révolue où le fonctionnel
le cédait volontiers au grandiose, Chambord est inscrit
au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1981.