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Capitale: Fort-de-France
Population: 381 467 (1999)
Langue officielle: français
Groupe majoritaire: créole
martiniquais (96 %)
Groupes minoritaires: français
(4%) et créoles guadeloupéen, haïtien, guyanais,
réunionnais, etc.
Système politique: département
français d'outre-mer (DOM)
Langue coloniale: français
Articles constitutionnels (langue):
art. 2 de la Constitution de 1992 de la République
Lois linguistiques: toutes les lois linguistiques de la République
dont la loi no 84-747 du 2 août 1984 relative aux compétences
des régions de Guadeloupe, de Guyane, de Martinique et de
la Réunion; la loi no 75-620 du 11 juillet 1975 relative
à l'éducation; la loi no 84-52 du 26 janvier 1984
sur l'enseignement supérieur; la loi d'orientation no 89-486
du 10 juillet 1989 sur l'éducation; le décret no 93-535
du 27 mars 1993 portant approbation du cahier des missions et des
charges de la Société nationale de radiodiffusion
et de télévision française pour l'outre-mer
(RFO).
La Martinique a une superficie de 1.080 km2. Elle mesure 80 km dans
sa plus grande longueur, et 39 km dans sa plus grande largeur. Le
terrain s’élève graduellement depuis le littoral
jusqu’au centre et vers le Nord où sont regroupés
les Pitons du Carbet et la Montagne Pelée, point culminant
de l’île (1.397 m). Cette partie de la Martinique est
aussi le royaume de la surprenante forêt tropicale.

I Situation géographique
La Martinique fait partie des Antilles françaises et constitue,
depuis 1946, un département français d’outre-mer
(c.-à-d. un DOM). Avec une superficie de 1100 km², mesurant
70 km de long et environ 30 km de large, la Martinique est le plus
petit des départements d'outre-mer. La Martinique, comme
la Guadeloupe, est située au coeur de l'arc des Petites Antilles
dans la mer des Caraïbes, à égale distance des
côtes du Venezuela et de l’île d’Haïti
(voir la carte régionale). Contrairement à la Guadeloupe
qui forme un archipel de huit îles, la Martinique ne constitue
qu’une seule île (voir la carte des communes). La Martinique
et la Guadeloupe sont séparées (voir la carte régionale)
l’une de l’autre par une île non française:
l’île de la Dominique (de langue anglaise) appelée
aussi «la Dominique». Ainsi, les deux voisines les plus
proches de la Martinique sont les îles anglophones de la Dominique
(au nord) et de Sainte-Lucie (au sud). La ville de Fort-de-France
est la capitale administrative, mais elle représente également
le centre économique de ce département français
d’outre-mer. On ne compte que trois villes importantes: outre
Fort-de-France (94 050 habitants), ce sont les villes de Le Lamentin
(35 007 habitants) et de Schoelcher (20 815 habitants).
En tant que département français, la Martinique fait
partie de l'Union européenne au sein de laquelle elle constitue
une «région ultrapériphérique».
À ce titre, elle bénéficie de «mesures
spécifiques» qui adaptent le droit communautaire en
tenant compte des caractéristiques et contraintes particulières
de la région. L'État français est représenté
par le préfet établi à Fort-de-France et trois
sous-préfets à Trinité, au Marin et à
Saint-Pierre.

II Données historiques
L’histoire de la Martinique est liée à celle
des Antilles, donc à la colonisation européenne et
à l’esclavage pratiqué durant deux siècles
par les Espagnols, les Anglais, les Français et les Hollandais.
Néanmoins, la présence humaine aux Antilles s’est
manifestée bien avant l’arrivée des Européens.
Ainsi, des archéologues ont trouvé en Martinique et
dans le reste des Antilles des outils en pierre dont l’appartenance
est attribuée aux Amérindiens, leur ancienneté
étant estimée entre 3000 à 3500 ans. En réalité,
l'histoire connue de l’île commença quelque 1500
ans avant Christophe Colomb quand s'y installèrent les Amérindiens
arawaks originaires des côtes vénézuéliennes.

2.1 Les premiers occupants
amérindiens
Les premiers occupants connus semblent être les Arawaks venus
du Venezuela vers 300 ou 400 ans avant notre ère. En 295
(avant notre ère), une éruption de la montagne Pelée
fit fuir les Arawaks qui quittèrent alors la Martinique et
ne revinrent sur l’île que vers l’an 400. D’ailleurs,
une soixantaine de sites arawaks ont aujourd’hui été
inventoriés et ils témoignent de l'existence de villages
habités arawaks. Cependant, vers 1200 de notre ère,
une nouvelle civilisation amérindienne apparut dans l’île:
les Caraïbes ou Kalina. Il s’agit d’un peuple amérindien
réputé belliqueux venu des Guyanes et qui envahit
la Martinique et extermina peu à peu tous les Arawaks (sauf
les femmes). Les Caraïbes furent décimés à
leur tour peu après l’arrivée des Européens.

2.2 Le bref passage de
Christophe Colomb
Lorsque Christophe Colomb débarqua en Martinique, le 15 juin
1502 (lors de son quatrième voyage), il fit la connaissance
des Caraïbes puisque les Arawaks avaient déjà
disparu depuis le XIIIe siècle. Les Amérindiens auraient
appelé l’île Madinina, ce qui signifie «l'île
aux fleurs». Colomb aurait baptisé l’île
du nom de Martinique en l’honneur de son patron, saint Martin.
Redoutant les terribles Caraïbes pour leur anthropophagie,
Colomb quitta l’île et, par la suite, les Espagnols
ne s’intéressèrent plus à la Martinique.
Ainsi, ils laissèrent la place aux Français et aux
Anglais.

2.3 La colonisation française
Le cardinal de Richelieu, au nom du roi Louis XIII, créa
la Compagnie des Isles d’Amérique (1635-1650) afin
de coloniser les îles des Petites Antilles. La véritable
conquête de la Martinique commença avec l’arrivée
d’un aventurier français, Pierre Belain d’Esnambuc,
le 15 septembre 1635. En 1550, la canne à sucre était
déjà devenue la seule culture des îles aux Antilles.
Les premiers contacts entre les Amérindiens caraïbes
et les Français avaient été plutôt cordiaux,
mais à force d’être progressivement spoliés
de leurs terres les Caraïbes opposèrent une vive résistance
aux Français. Puis, après plusieurs années
de conflits, tant avec les Anglais qu’avec les Caraïbes,
les Français sous la gouverne de Beausoleil finirent par
chasser définitivement (en 1658) les Caraïbes de la
Martinique; ces derniers se réfugièrent dans les îles
de la Dominique et de Saint-Vincent.

2.4 Les nouveaux immigrants
Mais la suppression de l'esclavage ne pouvait que nuire à
l'économie de plantation de la Martinique qui pouvait supporter
difficilement des coûts de main-d'oeuvre importants. C’est
pourquoi, de 1853 à 1985, la France décida d’importer
plusieurs milliers de travailleurs immigrants (dénommés
«coolies») originaires des comptoirs français
de l’Inde. Considérés comme dociles, ces «coolies»
venaient travailler aux Antilles pour une durée, en principe,
de cinq ans. Beaucoup d’entre eux restèrent sur place
à la fin de leur contrat, fondèrent une famille et
devinrent bientôt des Martiniquais à part entière,
tout en conservant leur religion et leurs habitudes culinaires.
Vers la fin du siècle, un millier de Chinois débarquèrent
également dans l'île et, un peu plus tard, d’autres
immigrants arrivèrent, cette fois-là, de la Syrie
et du Liban. C’est ce qui explique que la population martiniquaise
est aujourd’hui formée d’une palette ethnique
assez variée, puisqu’on y compte non seulement des
Noirs africains (la majorité) et des mulâtres, mais
aussi des Indiens, des Chinois et des Syro-Libanais, sans oublier
les Blancs-Pays (les «Békés»). Tous les
nouveaux immigrants d’Asie ou du Proche-Orient ont maintenant
perdu leur langue d’origine et ont adopté le créole
martiniquais comme langue maternelle. Les Blancs «békés»
parlent le français mais aussi le créole alors que
les Blancs-France (les «Métros») ne parlent que
le français. Bien que vivant en relative harmonie, les différents
groupes ethniques de la Martinique n'en continuent pas moins de
se distinguer et de se méfier les uns des autres selon de
subtiles distinctions.

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