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Capitale: Nouméa
Population: 196 000
Langue officielle: français
Groupe «majoritaire»: 43 % de Kanaks (Mélanésiens)
Groupes minoritaires: 37 % de Français, 20 % d’Asiatiques et de Polynésiens
Système politique: territoire français d’outre-mer depuis 1946, mais doté d'un statut particulier depuis la loi du 9 novembre 1988; en voie d'acquérir le statut de POM (pays d'outre-mer)
Articles constitutionnels (langue): art. 2 de la Constitution de 1958 (modifiée)
Lois linguistiques: plusieurs lois françaises dont la loi no 84-821 du 6 septembre portant statut du territoire de la Nouvelle-Calédonie; la loi no 75-620 du 11 juillet 1975 relative à l'éducation; la loi no 84-52 du 26 janvier 1984 sur l'enseignement supérieur; la loi d'orientation no 89-486 du 10 juillet 1989 sur l'éducation; le décret no 93-535 du 27 mars 1993 portant approbation du cahier des missions et des charges de la Société nationale de radiodiffusion et de télévision française pour l'outre-mer (RFO); la loi no 88-1028 du 9 novembre 1988 portant dispositions statutaires et préparatoires à l'autodétermination de la Nouvelle-Calédonie en 1998; la loi organique no 99-209 du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie.
La Nouvelle-Calédonie est un territoire français d’outre-mer situé dans le Pacifique-Sud, soit à 1500 km à l'est de l'Australie et à 1700 km au nord de la Nouvelle-Zélande (voir la carte 1 du Pacifique-Sud). Elle est constituée d'une île principale, la Grande Terre, et de plusieurs dépendances, qui représentent une surface totale de 18 585 km2. Ainsi, après la Papouasie-Nouvelle-Guinée et la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Calédonie représente la troisième île en importance du Pacifique-Sud. Située en outre à quelque 18 000 km de la Métropole, elle fait partie de l’un des trois territoires français du Pacifique-Sud, avec la Polynésie française et Wallis-et-Futuna. Juridiquement parlant, Wallis-et-Futuna détient le statut de TOM (territoire d’outre-mer), alors que la Polynésie française a acquis, en juin 1999, le statut de POM (pays d’outre-mer); quant à la Nouvelle-Calédonie, elle est aussi en voie d’acquérir progressivement un statut similaire d’ici une vingtaine d’années.

I Situation géographique
1 La Grande Terre et les autres îles
L'île principale, la Grande Terre, couvre une superficie de 16 890 km2 et s’étend sur une longueur de 400 km et une largeur de 50 km. Surnommée aussi «le Caillou» par les Néo-Calédoniens, la Grande Terre est une île montagneuse dont le sous-sol recèle de nombreux minerais, notamment le nickel, qui assurent une bonne partie des revenus de la Nouvelle-Calédonie.
La Grande Terre se prolonge par plusieurs groupes de petites îles isolées telles les îles Loyauté à 100 km à l'est (2200 km2 pour les quatre îles: Ouvéa, Lifou, Tiga et Maré), ainsi que l'archipel de Bélep au nord (220 km2) et l'île des Pins au sud (voir la carte 2). La Nouvelle-Calédonie compte aussi un grand nombre d’îlots actuellement inhabités: Chesterfield, Walpole, Surprise, Huon, Matthew, Fearn, Hunter, Beautemps-Beaupré, etc.

2 L’organisation du territoire en trois provinces
L' organisation actuelle du territoire de la Nouvelle-Calédonie relève de la loi no 88.1028 du 9 novembre 1988, date à laquelle ont été signés les accords de Matignon. Au point de vue politique, la Nouvelle-Calédonie est divisée en trois provinces administrées par des assemblées élues au suffrage universel. Le Congrès du territoire forme l'union des trois assemblées provinciales. Les trois provinces sont les suivantes:
1) La province Nord (partie nord de la Grande Terre et l’archipel des Bélep) comprenant les territoires des communes de Bélep, Poum, Ouegoa, Pouebo, Hienghène, Touho, Poindimié, Ponerihouen, Houailou, Canala, Koumac, Kaala-Gomen, Kouaoua,Voh, Koné et Pouembout. La province Nord, avec ses 41 413 habitants, compte pour 21 % de la population néo-calédonienne.
2) La province Sud (partie sud) de la Grande Terre et l’île des Pins) comprenant les territoires des communes de l'île des Pins, Mont-Doré, Nouméa, Dumbéa, Païta, Bouloupari, La Foa, Moindou, Sarraméa, Farino, Bourail, Thio et Yaté. La province Sud est la plus peuplée (134 546 habitants), et elle compte pour 68,4 % de la population totale.
3) À l’est, la province des Îles-Loyauté comprenant les territoires des îles Maré, Lifou, Ouvéa et Tiga. La province des Îles-Loyauté n’abrite que 10,6 % des Néo-Calédoniens (20 877 habitants).
Le territoire de la commune de Poya est, quant à lui, réparti entre les provinces Nord et Sud par décret du Conseil d'État. Les limites des provinces peuvent être modifiées sur proposition du Congrès du territoire et après avis des assemblées de provinces et des conseils municipaux intéressés, et du Sénat coutumier par décret en Conseil d’État.

II Données historiques
D'après certaines sources archéologiques, les premiers occupants de la Nouvelle-Calédonie, des Mélanésiens, les ancêtres des Kanaks actuels, seraient apparus il y a environ 5000 ans en provenance du Sud-Est asiatique, notamment de l'actuelle Malaisie. Il y a plus de 3000 ans, il y aurait eu également des vagues d’immigration d'autres îles du Pacifique, notamment des îles Salomon et du Vanuatu. On croit également que des Polynésiens auraient abordé les îles Loyauté en provenance de Tonga, des Samoa et des îles Fidji.

1 L’arrivée des Européens
La Nouvelle-Calédonie fut colonisée d'abord par les Britanniques, puis par les Français.
1.1 Les Britanniques
En 1774, le célèbre navigateur anglais James Cook, qui s’était déjà illustré en 1759 au moment de la prise de Québec, fut le premier Européen à découvrir la Nouvelle-Calédonie lors de sa seconde expédition dans le Pacifique, celle de 1772-1775; il aborda en premier lieu le nord de la Grande Terre, plus précisément à Balade (Balabio), le 5 septembre 1774. Il baptisa ce pays la New-Caledonia en raison des paysages ressemblant à la Calédonie écossaise, son pays natal, située au nord des Lowlands; ce sont les Romains qui avaient nommé Caledonia le nord de l’île de Grande-Bretagne. Quelques jours plus tard, le 20 septembre, ayant atteint l’extrémité de la Grande Terre, il découvrit Pines Island (l’île des Pins).
Quant aux îles Loyauté, ce serait d’autres explorateurs britanniques qui, considérant le caractère «loyal» des insulaires, auraient alors baptisé ces îles Loyalty Islands que les Français ont traduits par îles Loyauté. Cook avait aussi noté que le pays était peuplé par des Mélanésiens (les ancêtres des Kanaks). Mais, par la suite, la Nouvelle-Calédonie ne fut pas l’objet d’un intérêt particulier de la part des Anglais qui ne l’occupèrent pas. En 1840, les teachers de la London Missionary Society s'établirent aux îles Loyauté afin d’évangéliser les autochtones et les convertir au protestantisme. De son côté, la Mission mariste française, bénéficiant du soutien de l’État et de l’armée, s’installa dans les îles, le 20 décembre 1843, et tenta de convertir les autochtones au catholicisme. Les îles Loyauté devinrent alors le théâtre, souvent sanglant, de sévères luttes de pouvoir entre les pasteurs protestants et les missionnaires catholiques.
1.2 Les Français
Après l’Anglais Cook, des Français, Bruny d'Entrecasteaux et Huon de Kermadec, accostèrent à l'île des Pins le 7 juin 1792. Mais c’est seulement en 1825 qu’est entrepris par un autre Français, Jules-Sébastien-César Dumont d'Urville, un relevé des côtes de la Nouvelle-Calédonie. Dès 1844, les premiers militaires français débarquèrent sur la Grande Terre et les premiers massacres d’indigènes eurent lieu en 1847. En novembre 1850, les Mélanésiens tuèrent 12 marins français débarqués du navire L'Alcmène. En représailles, sous les ordres de Napoléon III, le contre-amiral Febvrier-Despointes prit possession, au nom de la France, de la Grande Terre (le 24 septembre 1853) et ensuite de l’île des Pins (le 29 septembre). C’est à partir de ce moment que débuta l’histoire politique proprement dite de la Nouvelle-Calédonie.
1.3 Les langues en présence
À cette époque, les autochtones utilisaient leur langue maternelle et, au besoin, le bichlamar, un pidgin anglo-mélanésien utile pour communiquer avec les commerçants ou entre les divers peuples mélanésiens. Pour leur part, les missionnaires protestants ont privilégié quelques-unes des langues autochtones afin de mieux évangéliser les «indigènes» — comme on appelait les Mélanésiens à l’époque — des îles: le drehu à Lifou, le nengone à Maré et le ïaaï à Ouvéa. Sur la Grande Terre, les pasteurs ont favorisé l’ajië, la langue de Houaïlou.
Pour ce qui est des missionnaires catholiques, ils ont préféré utiliser uniquement le français, sans cependant interdire la pratique des langues autochtones. Dans l’ensemble, trois langues se trouvaient en situation de concurrence: l’anglais, le français et le bichlamar. Cela dit, les missionnaires français ne portaient en haute considération les langues autochtones. Le 3 septembre 1846, le père Pierre Rougeyron écrivait cette lettre à son supérieur au sujet de la «langue des Nouveaux-Calédoniens»
C'était là une conception très répandue de la part de tous les Européens. Ils croyaient vraiment être, parmi les humains, une race supérieure destinée à apporter les bienfaits de la civilisation aux pauvres autochtones. C'est un peu comme aux États-Unis, aujourd'hui, où il existe une idéologie très forte qui laisse croire que les Américains ont une mission messianique consistant à apporter les vraies valeurs au monde. Ainsi, les armées du «monde civilisé» ont la «mission divine» de libérer les opprimés, quitte à leur tirer dessus s'ils sont trop idiots pour comprendre qu'elles leur apportent joie et bonheur.


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