
Qu'est ce qu'une
grande rivière ?
Une grande rivière fait plus de 30 mètres de large,
elle est puissante et ne peut se traverser partout. En France,
on pensera bien sûr à la Dordogne, au Rhin, à
la rivière d'Ain ou au vieux Rhône.
Ethique
Ici plus qu'ailleurs, les dimensions de la rivière peuvent
vous laisser croire que l'impact de vos prélèvements
est faible. Il n'en est rien, car ces grandes rivières
sont souvent très pêchées, et les populations
d'ombre sont aussi fragiles qu'ailleurs, comme le prouve l'exemple
de l'Ain, où sa pêche a du être fermée
pour protéger l'espèce. L'ombre est un poisson très
fragile et on préfèrera les hameçons sans
ardillons, et si vous avez malgré tout du mal à
décrocher un poisson, coupez le fil plutôt que de
le manipuler de longues minutes.
La saison et
les postes
L'ombre se reproduit au printemps. L'ouverture se situe mi-mai.
Ce début de saison est en général productif,
d'autant que les ombres sortant du frai sont en général
affamés et peu éduqués. Mais ils sont également
très fatigués et encore plus fragiles qu'à
l'accoutumée, car très sensibles à un parasite,
la furonculose. Le no kill doit être synonyme de respect
du poisson. Il ne s'agit pas de harceler des poissons qui n'ont
pas les moyens de le supporter. En été, pendant
la journée, vous ne verrez pas beaucoup de gobages, sauf
par temps couvert, ou en cas de retombées massives de fourmi.
C'est l'automne que cette pêche prend tout son intérêt.
La truite est fermée, il y a beaucoup de mouches, l'ombre
est éduqué, il gobe, il est en forme. Que demander
de plus ? En automne, les poissons quittent les courants rapides
et oxygénés qu'ils peuvent fréquenter au
coeur de l'été. On les cherchera plutôt sur
les fosses et gravières au courant puissant et uniforme.
Un grand lisse profond est idéal.
Le matériel
et l'équipement du pêcheur
Pour faire de grandes dérives, il faut de longues pointes
fines (de 1,5m à plus de 2m de 12% en général).
Pour lancer ces longues pointes correctement, il faut de longs
bas de ligne . (Voir formules de bas de ligne). Une longueur de
5 à 6 mètres est standard. Ils se lancent très
bien, pour peu qu'on les laisse bien se déployer. Le vent
est en revanche très gênant. Il faut que le bas de
ligne flotte bien (je graisse tout, sauf la pointe), sans quoi
l'arracher ne sera pas discret, et vous perdrez de la rapidité
dans le ferrage.
Le comportement
du poisson
Les ombres se nourrissent postés, comme les truites de
rivière. Ils choisissent une veine d'eau et s'y tiennent
en général avec rigueur, d'où la nécessité
d'être précis. Sur les plats très calmes,
on croise parfois des poissons qui se promènent d'avantage,
ce qui ne facilite pas les choses.
Il arrive souvent de ferrer dans
le vide, en étant pourtant certain que le poisson a bel
et bien pris la mouche. Si c'est parfois vrai, il s'agit en fait
le plus souvent de refus. En fait, l'ombre peut se contenter de
pousser la mouche du nez, de gober à coté, de s'arrêter
juste en dessous (on voit alors un petit remous, mais la mouche
ne disparaît pas), voire de rouler dessus. Ce dernier comportement,
singulier, est confirmé par les captures de poissons piqués
très loin de la gueule, dans le ventre, la queue ou le
dos par exemple ! Quoi qu'il en soit, il faut toujours ferrer,
car c'est justement la fois ou l'ombre aura pris que vous croirez
qu'il a refusé. Le timing est important, et si certains
pêcheurs préconisent de laisser un petit temps de
retard (notamment quand on pêche aval), je crois qu'il vaut
mieux ferrer le plus vite possible. Si vous ratez un ombre, ou
si vous ferrez sur un refus, la plupart du temps il remontera.
Peut être pas instantanément (s'il est éduqué),
peut être pas sur la même mouche, mais il remontera.
En revanche , si vous le décrochez immédiatement
après le ferrage, il peut ne pas remonter du tout.
La fréquence et la
forme des gobages peuvent vous renseigner sur la nature des mouches
prisent. Ainsi, un ombre qui gobe des chiros sur un secteur peu
agité pourra faire de tous petits gobages, si petits que
vous pourriez croire à des ablettes. Ses gobages seront
également plus fréquents, car il ne redescendra
pas forcément jusqu'au fond à chaque fois. En revanche,
il pourra aussi ne gober que par petits épisodes, s'arrêter,
et reprendre. Le même poisson gobant des petits sedges fera
des gobages plus visibles, avec éventuellement une petite
giclette verticale. Il gobera en général moins fréquemment,
mais sur une période plus longue (s'il n'est pas dérangé).
La sécurité
Une grande rivière, c'est large, profond, et puissant.
J'utilise la plupart du temps un bâton de wading (bricolé
dans un piquet de tente en 4 brins). On peut s'en passer, mais
comme ça n'est ni cher, ni gênant, autant le prendre.
Sur la Dordogne, il faut être vigilant : EDF ne laissera
pas de répit au pêcheur. Il faut prendre des repères
au bord, connaître le coup que l'on pêche, et ne pas
s'aventurer trop profondément.
Le Rhin est plus placide et ses fonds sont plus réguliers
et moins glissants, mais dans tous les cas il est imprudent de
pêcher seul.
Les poissons
On trouve une grande variété d’espèces
:
– Truites arc-en-ciel, truites fario et pour les plus chanceuxagua-bonitas,
tigers, saumons de fontaine ou même saumonscoho.–
Brochets, sandres, perches, black-bass, silures et lottes.–
Carpes, amours blancs, esturgeons.– Barbeaux, chevesnes
ainsi que tous les poissons blancs.
Pour voir la pêche
dans chaque région de la france visitez ce site :
http://www.fnp-halios.com/l_region.asp