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PATRIMOINE
LA BASTIDE ROYALE
DE LALINDE
Au XIIe siècle, lorsque les Anglais s’installent
en Aquitaine, la Linde est une petite bourgade très
ancienne, bâtie aux pieds des coteaux. Au XIIIe siècle,
Alphonse de Poitiers, Comte de Toulouse et allié du
roi de France, érige des bastides aux limites de son
domaine. Côté anglais, la réponse ne tarde
guère : La Linde, première bastide anglaise,
est fondée en 1267. A cette occasion, une charte solennelle
est délivrée par le roi Henri III d’Angleterre,
octroyant à La Linde privilèges, franchises
et libertés. Cette charte est dressée à
Londres le 26 juin 1267 par son fils Edouard, qui la confirme
à Agen le 27 novembre 1286. La
Linde s’organise en un réseau de rues réalisant
un quadrillage régulier autour d’une place centrale
recevant la halle. Quelques maisons présentent, encore,
encorbellements et colombages. L’église Saint-Pierre,
existante, est agrandie. Moulins, pêcheries, foires
et marchés participent à la vie de la cité
sous l’autorité des consuls élus. Au XIVe
siècle, la guerre s’annonçant, La Linde
s’enferme dans d’épaisses murailles percées
des portes d’Amont, de Sainte-Colombe et de Bergerac…
et le temps fait son œuvre. La Linde a surmonté
les ravages de la peste du XVIe siècle et la grande
inondation de 1615. Elle est sortie de ses murailles qui ont
fini par disparaître à la fin du XVIIIe siècle.
Les déblais issus du creusement du canal en 1840 ont
servi à combler les fossés. Un hôtel domine
la rivière à l’emplacement du château
de Geoffroy de La Linde. L’ancienne église romane
a donné place à l’église actuelle
inaugurée en 1902. Le terrain est entré en gare
en 1877 et le pont sur la Dordogne jeté en 1880. De
l’époque des consuls ne subsistent plus aujourd’hui
que la disposition des rues du centre ville et quelques vieilles
demeurent, la porte de Bergerac, une réplique d’une
croix de 1351, souvenir du jubilé de Clément
VI, la maison des consuls place de l’église,
des restes du mur du Midi sur la rivière que surplombe
le jardin public avec la maison renaissance qui abrite l’Office
de Tourisme et les armoiries de La Linde bastide royale.
LA LEGENDE DU COULOBRE
(extrait de l’atlas du patrimoine du pays Lindois)
A l’époque où saint Front faisait entendre
sa prédication dans le Périgord, les bords de
la Dordogne, en face de Lalinde, étaient infestés
par un énorme dragon, qui faisait sa retraite dans
un rocher et de là s’élançait sur
les bestiaux et sur les hommes pour les dévorer. Tout
le pays était dans l’effroi et la consternation.
Saint-Front fut ému de compassion au récit qu’on
lui fit de tous ces ravages. Il traversa la rivière,
monta jusqu’à la grotte, et dès qu’il
fut en présence du monstre, il fit le signe de la croix
et lui commanda au nom de Jésus-christ de s’en
retourner dans l’océan et de ne plus reparaître
dans les lieux habités par l’homme.
A ce commandement de l’homme de Dieu, le dragon se précipite
dans la Dordogne et le pays en est délivré pour
toujours.
Les habitants rendirent grâces au Saint Apôtre
et, afin de conserver le souvenir de ce prodige, ils bâtirent
sur le haut du coteau une église qui fut dédiée
à « saint Front de Coulaury ou du serpent ».

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