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Mâcon

lamartine
A tous les moments de la vie d'Alphonse de Lamartine (1790?1869), qu'il s'agisse du poète ou de l'homme politique, on retrouve l'empreinte de Mâcon et de sa région. II naît à Mâcon dans une famille royaliste, les Alamartine, qui après leur anoblissement s'appelleront les de Lamartine. Il est l'aîné de six enfants et seul garçon. A Milly, lieu privilégié où il forgera son âme de poète et qui servira largement son inspiration, Lamartine passe son enfance dans une maison où son père, renonçant à toute carrière militaire, s'est retiré depuis 1794.
A Bussièrcs et Pierreclos, bourgades situées proches de Milly, Lamartine enfant escaladera les collines, nagera dans les rivières, vagabondera à travers prés et bois. A Bussières, il suivra jusqu'à onze ans l'enseignement donné par l'abbé Dumont, vicaire de la paroisse. Son oncle, ayant constaté de sérieuses lacunes dans son instruction, l'enverra ensuite en pension à Lyon, puis à Belley qu'il quitte en 1808 pour revenir à Milly.
Dans sa vingtième année, Lamartine retrouve à Bussières l'abbé Dumont, qui devient alors son ami et son confident. Après avoir connu à Lyon une existence frivole et une aventure amoureuse lors d'un séjour en Italie, Lamartine s'ennuie à Milly. Il se noue alors d'amitié avec le chevalier de Pierrcclau et participe aux fastueuses soirées données au château de Cormatin par l'épouse du chevalier, la belle Nina de Pierreclau. Elle devient bientôt sa maîtresse. C'est sans doute grâce à elle que le poète connaîtra l'histoire des amours secrètes de l'abbé Dumont et de "Mademoiselle de Milly" pendant la Révolution. Ces confidences, ajoutées à celles du prêtre, seront à l'origine du poème "locelyn", ouvre publiée en 1836, la plus populaire de Lamartine.
En 1823, Lamartine s'installe dans le manoir de Saint-Point avec sa femme Mary Ann et sa fille Julia âgée d'un an. Pendant les dix années suivantes, Lamartine quittera souvent son domaine mâconnais : voyages à Lyon et â Paris, cures thermales à Aix-les-Bains et en Suisse, installation pour trois ans à Florence comme Secrétaire d’Ambassade, puis chargé d'affaires.
En 1832, il réalise enfin un de ses vieux rêves et part pour l'Orient avec sa famille. A son retour en 1833, Lamartine élit résidence dans sa propriété de Monceau. II ne veut pas imposer à sa femme un retour brutal à Saint-Point où vient d'être inhumée leur fille, décédée lors du voyage en Orient. L'année 1833 marque aussi son entrée en politique avec sa double élection comme conseiller général de Saône-et-loire et député de Bergues dans le Nord. Élu en 1837député de Mâcon, Lamartine se démarque peu à peu du pouvoir monarchique et s'engage pour la cause du peuple. Après avoir publié en 1847 "l'Histoire des Girondins", ouvre magistrale de 3000 pages, il atteint le sommet de sa carrière politique en devenant l'année suivante ministre des Affaires Etrangères du gouvernement provisoire.
Néanmoins, le temps des vendanges verra chaque année revenir le poète en terre mâconnaise, à laquelle il restera toujours attaché. Après le coup d'État de 1851 et le rétablissement de l'Empire, Lamartine renonce à tout combat politique. Mauvais gestionnaire de ses domaines et connaissant des déboires financiers il s'éteint à Paris dans une absolue détresse le 18 février 1869…..

MACON
A Mâcon, sa ville natale, Alphonse de Lamartine passe les premières années de sa vie. Durant son adolescence, il fréquente assidûment la bibliothèque et dévore livres d'histoire et essais philosophiques. Devenu jeune homme et beau garçon, on le voit parcourir les rues de. la ville avec ses amis à la recherche de quelque bonne fortune. Peu avant son mariage, il mène une vie oisive et mondaine faisant la conquête de la société mâconnaise.
Plus tard, déjà célèbre par certains écrits, il s'oriente vers la politique et tout au long de sa carrière, Mâcon sera son point d'ancrage. Il en est conseiller municipal de 1840 à 1848, conseiller général de 1833 à 1848 et député de 1838 à 1848.

MILLY
C'est dans ce village qu'Alphonse de Lamartine passe, auprès de sa mère Alix des Roys, ses années d'enfance et d'adolescence. Il grandit parmi les enfants de vignerons et participe aux travaux du vignoble. Alors qu'il est en poste à Florence en 1827, son père lui annonce son intention de vendre la propriété de Milly. Profondément touché par ce projet, il écrira un de ses chefs-d’œuvre "Milly ou la terre natale". Sur la fin de sa vie, alors que criblé de dettes il doit se défaire de la maison de son enfance, Lamartine écrira un ultime et poignant poème "La vigne et la maison": Dans la maison sont rassemblés livres et documents évoquant son enfance, ses sources d'inspiration littéraire et son activité viticole.

PierrecIos
Dans ce petit village, devenu le sanctuaire du culte lamartinien, s'élève le célèbre château de Lamartine, mis dans sa corbeille de mariage par son père en 1820. Sous l'influence de sa femme d'origine anglaise, Mary Ann Birch, Lamartine restaure cette bâtisse moyenâgeuse et la dote d'un pavillon, d'une galerie et d'un porche à colonnettes et à clochetons. Un ensemble assez hétéroclite mais qui correspondait au goût anglais de l'époque. Dans cette propriété, Alphonse de Lamartine mènera l'existence d'un paisible gentilhomme campagnard. Le château conserve en l'état son cabinet de travail et sa chambre à coucher où figurent sur la cheminée, peints en médaillons par Madame de Lamartine, les poètes qu'affectionnait son mari. Au fond du parc, près de l'église romane, une chapelle de style gothique anglais, sur laquelle Lamartine fit inscrire cette devise "Speravit anima mea" -mon âme espéra - abrite les tombeaux de Lamartine et de sa famille.

 

 

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