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patrimoine et histoire
LA GLOIRE D’UNE
PRINCESSE
Son nom est inconnu, de même que son titre exact. Elle
fascine par le mystère qui l'entoure,
autant que par l'éclat des attributs de son rang. Elle
était puissante, assurément, et sa richesse
était l'expression de sa puissance. Elle portait un
magnifique torque d'or, lorsqu'elle fut découverte,
en 1953, dans sa tombe inviolée depuis plus de 2500
ans. Par référence à une localité
voisine, on la nomme "la princesse de Vix''.
On la trouva entourée de multiples objets, parmi lesquels
figure le plus grand vase de bronze que l'Antiquité
nous ait laissé. Haut de 164 cm, orné de bustes
de gorgones et d'une frise en relief représentant des
chars de guerre accompagnés chacun d'un hoplite (guerrier
à pied), il a certainement été fabriqué
en Grande Grèce, c'est-à-dire dans l'actuelle
Italie du Sud. Cet objet exceptionnel a probablement été
offert à la dame de Vix en hommage à sa puissance,
basée sur la domination de l'une des principales routes
de l'époque, celle de l'étain, qui suivait la
vallée de la Seine. Le "trésor de Vix"
peut aujourd'hui être admiré dans une reconstitution
minutieuse de la tombe de sa propriétaire, au musée
de Châtillon-sur-Seine.
La Bourgogne a été, de par sa situation géographique,
au cœur de l’épopée celte. C’est
en Bourgogne que se sont déroulés les épisodes
décisifs de la conquête de la Gaule par Jules
César, et ce n'est pas un hasard. La civilisation celte
a produit, ici, des splendeurs de premier ordre. Le trésor
de la princesse de Vix, les ex-voto des sources de la Seine,
les fortifications de Bibracte témoignent du rayonnement,
voilà 2000 à 2500 ans, de notre région.
Autun et Sens ont gardé les tracas majestueuses de
leur passé gallo-romain. Et pour vous faire traverser,
en un éclair, les siècles, depuis ces temps
obscurs des chasseurs de Solutré, bien avant l'arrivée
des premiers Gaulois, jusqu'au baptême de la Bourgogne
à l’aube du Moyen âge, l’Archéodrome
vous attend
au bord de l'autoroute A6.
LA PUISSANCE DE BIBRACTE
Cinq siècles après la princesse de Vix, une
autre grande Fibule en bronze puissance gauloise s'était
implantée au cœur de la Bourgogne actuelle : le
peuple des Eduens avait établi sa capitale, Bibracte,
sur
le Mont Beuvray, dominant, depuis le Morvan, les passages
entre tous les grands bassins fluviaux entourant la Bourgogne.
Abandonnée au profit d'Autun, au cours du 1er siècle
de notre ère, Bibracte ne survécut que dans
la légende et dans une foire aux bestiaux annuelle
sur le Morit Beuvray. Depuis un siècle et demi, grâce
à la passion des archéologues, la ville enfouie
livre petit à petit ses secrets. Vision spectaculaire
que celle du tronçon des remparts reconstitué
dans la technique d'origine, au lieu-dit "la Porte du
Rebout" troncs d'arbres croisés, fixés
par des clous énormes, squelette d'un immense rempart
de terre recouvert de pierre granitique ! Un cheminement sous
des arbres aux formes fantasques, survivances de ces anciennes
haies plessées du temps où il fallait protéger
prés et récoltes du bétail, conduit au
"centre ville". Ici, les choses sont plus évidentes.
Au milieu de la grande rue, un bassin monumental de granite,
de tradition grecque, marque le cœur de la cité.
Tout autour, on commence à deviner, au fil des fouilles,
les rues latérales, les quartiers, les maisons avec
leurs caves. Plus loin, dans une clairière, on découvre
les vestiges de vastes et luxueuses maisons à la romaine.
Sur le flanc sud-ouest, de nombreuses fontaines, dont celle,
largement aménagée, de Saint-Pierre. Et sur
la terrasse de la Chaume, une table d'orientation aidant à
déchiffrer le vaste panorama du Sud Morvan qui s'ouvre
devant le promeneur, aboutissement enchanteur de la plus champêtre
des promenades. Pour comprendre véritablement la vie
à Bibracte et le rayonnement de la cité, la
visite intègrera celle du Musée de la civilisation
celtique, implanté sur le flanc de la montagne, et
qui est lui-même une oeuvre d'art. Son but est de replacer
la connaissance de Bibracte dans son contexte européen.
Sur deux étages, le visiteur découvre, de manière
vivante, la vie quotidienne, les croyances et les institutions
de la Gaule indépendante, mais aussi des autres peuples
celtes. Des expositions temporaires complètent la présentation
et des visites guidées à heure fixe, du printemps
à l'automne, rendent l'approche du site comme du musée
encore plus vivante.
ALESIA 52 Av. J.c.!
S'il est un événement historique qui a fait,
à lui seul, basculer le destin de la France, c'est
bien la bataille d'Alesia. Ici, autour de cette colline où
s'étire maintenant le paisible village d'Alise-Sainte-Reine,
se sont déroulés, en 52 av. J.-C., le siège,
puis la bataille qui ont permis à Jules César
d'intégrer toute la Gaule dans l'Empire romain. Mais
pour y parvenir, il lui fallut des semaines de siége
et l’aménagement de deux lignes de fortifications
longues respectivement de 15 et de 21 km, enfermant les Gaulois
assiégés et protégeant l'armée
romaine de ceux qui tenteraient de les délivrer. Des
travaux herculéens dont les traces se devinent encore
dans le paysage.
LA SEINE : UNE SACREE
SOURCE
La Seine prend sa source en Bourgogne, à une trentaine
de kilomètres au nord-ouest de Dijon, au creux d'un
vallon boisé qui entaille le plateau calcaire. Conformément
aux coutumes des Gaulois, qui vénéraient les
sources, fontaines et résurgences comme lieux sacrés,
un sanctuaire a existé ici, aux premiers siècles
de notre ère. Personnifiée sous le nom de Séquana,
la déesse du fleuve était invoquée par
les habitants de la région pour obtenir guérison
de toutes sortes de maux. Voici un peu plus d'un siècle,
une statue placée dans la grotte artificielle où
jaillit la source principale a pris sa relève, sur
l'initiative du baron Haussmann, car le site appartient à
la ville de Paris.
Dans des pratiques tenant à la fois de la médecine,
de la magie et de la religion, de nombreux ex-voto furent
offerts à la divinité pour souligner une demande
de guérison ou la remercier de celle obtenue. Ces objets,
représentant pour la plupart des détails de
l'anatomie humaine-des bras et des jambes, des yeux et des
organes génitaux - étaient déposés
pêle-mêle près de la source. Ils font aujourd'hui
la gloire du Musée archéologique de Dijon, où
ils voisinent avec des représentations de pèlerins,
à la tenue caractéristique, et avec quelques
oeuvres d'art de très belle qualité, notamment
une statuette en bronze de Séquana dans une barque.
AUTUN, SOEUR ET EMULE
DE ROME
La ville d'Autun – « Augustodunum » fut
fondée par l’empereur Auguste qui offrit aux
Eduens une nouvelle capitale, une ville conçue selon
les normes romaines. Dés sa fondation, Autun reçut
le privilège "d'être entourée de
murs. Longue de 6 km, cette muraille est l'enceinte augustéenne
ceinte la mieux conservée de France. Elle possède
encore deux portes monumentales : la porte Saint-André,
à l'est, quelque peu remaniée, et la porte d'Arroux,
au nord, ornée d'élégants pilastres.
A proximité, se trouve l’énigmatique «
Temple de Janus ». Nul se sait à qui était
dédié cet édifice de tradition indigène.
Tout autre est l’atmosphère qui règne
au théâtre romain. Ce lieu de spectacle, préservé
aux deux tiers, qui était le plus grand de son genre
dans toute la partie occidentale de l’Empire romaine,
reprend vie depuis une dizaine d'années. Chaque été
au mois d'août, pour quelques soirées, ses rangées
de sièges et ses voûtes moussues accueillent
des milliers de spectateurs, qui viennent y voir jouer l'histoire
antique de la ville. Des courses de chars aux manœuvres
en formations des légionnaires romains, des incantations
des druides aux flacons de parfums des patriciennes, l'Antiquité
y est ressuscitée. De nombreux témoignages de
la vie quotidienne à Augustodunum sont exposés
au Musée Rotin, dans la ville haute, qui s'enrichit
constamment de trouvailles fortuites comme des résultats
de fouilles menées dans la ville.

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