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patrimoine et histoire
SENS, VILLE DES SENONS
Sens, qui connut un essor considérable à l'époque
gallo-romaine,
doit son nom au peuple des Senons et s'appelait alors Agedincum
cette vaste cité disposait d'un amphithéâtre,
de thermes, d'un forum, ainsi que d'un aqueduc de 16 km de
long. Au IVe s., elle devint capitale d'une province, de la
IVe Lyonnaise. Des témoignages majeurs de sa splendeur
passée sont conservés au musée de la
ville, situé à l'ombre de la cathédrale
et renommé à juste titre pour ses collections
archéologiques. Lors des travaux d'installation du
musée, une villa gallo-romaine a été
découverte dans le sous-sol.
Consolidés et protégés, ses vestiges
ont été conservés in situ et incorporés
dans le circuit de la visite. La façade des thermes
de la ville, reconstituée à partir des éléments
architecturaux qui ont pu en être retrouvés,
témoigne avec éclat du faste de ses édifices,
démantelés à l'époque des invasions
pour construire le mur de fortification. Sculptures et mosaïques,
céramiques et verrerie donnent une image complète
de la vie et de la pensée des Sénonais au faîte
du rayonnement de la ville antique.
CAMPAGNES ROMANISÉES
Les campagnes aussi témoignent du passé antique
de la Bourgogne. Le site des Fontaines-Salées, près
de Vézelay dut sa fortune à des sources radioactives
et... salées. Dès le 1er millénaire,
les premiers puits furent creusés, pour profiter des
vertus thérapeutiques confirmées de ces eaux.
Réaménagées à partir du 1er s.
av. J.-C., pour remplir des fonctions cultuelles, puis transformées
en thermes gréco-romains au Ile s. ap. J.-C., elles
furent arasées par les moines de Vézelay du
fait de leurs connotations païennes. Oublié, le
site ne fut redécouvert qu'en 1934... d'après
une mention dans la chanson de geste de Girart de Roussillon.
Saint-Romain, pittoresque village vigneron des Hautes-Côtes
de Beaune, est lui-aussi l'héritier d'une longue histoire.
Les témoignages sont exposés à la mairie
: l'habitat gaulois, puis gallo-romain au pied de la falaise,
le trésor enterré à l'arrivée
des "barbares", la caverne, refuge à toutes
les époques, mais aussi la préhistoire et l'histoire
du château-fort démoli voici deux siècles.
Le parcours du sentier archéologique propose des panneaux
très instructifs et offre des points de vue superbes
sur le village, le vignoble et les falaises.
L’HERITAGE
DES MOINES
C’est en Bourgogne que sont nés les deux plus
grands mouvements de réforme monastique du moyen âge
:Cluny, puis Cîteaux furent, du Xe au XIIe siècle,
des centres non seulement spirituels, mais aussi intellectuels,
artistiques et même politiques de premier ordre pour
toute l’Europe. De Vézelay à Paray-le-Monial,
de Fontenay à la Charité-sur-Loire, des édifices
majestueux témoignent de ce rayonnement. De la sobriété
archaïque de Tournus à la profusion des sculptures
d’Autun, toute l'aventure des bâtisseurs romans
se lit dans les églises bourguignonnes. D'innombrables
églises rurales, d'une infinie variété
de styles, de pierres, d'atmosphères leur répondent
partout, dans cette région qui doit aussi aux moines
les plus beaux fleurons de ses vignobles, dont le célèbre
Clos de Vougeot.
TOURNUS LA MARCHE
VERS LA LUMIÈRE
Saint-Philibert de Tournus est la plus ancienne des grandes
églises romanes de Bourgogne. Son immense façade,
percée de rares ouvertures, témoigne des temps
mouvementés qui l'ont vu naître. Par le narthex
obscur, on pénètre dans la nef, extraordinairement
lumineuse grâce à de grandes baies, empreinte
de sérénité. La maçonnerie apparente
des murs et des hautes piles rondes donne à l'édifice
un caractère à la fois archaïque et très
moderne. Le déambulatoire, la crypte, la chapelle Saint-Michel
située au-dessus du narthex offrent au visiteur une
succession de coups d’œil et d'atmosphères.
La paix chaleureuse du cloître lui fera retrouver, non
sans émerveillement, le monde extérieur, dans
une atmosphère déjà méridionale.
AU COMMENCEMENT ETAIT
LA PIERRE
Aux alentours de l'an mil, la Bourgogne est un immense chantier.
Un peu partout, dans les châteaux et dans les villages
comme dans des sites monastiques à l'écart du
monde, surgissent des églises et des chapelles construites
en pierre, avec une densité telle que les hommes de
cette époque, pourtant pauvre en moyens de communication,
s'en émerveillent : ils ont l'impression que la Chrétienté
se couvre d'une blanche robe d'églises, comme écrit
le chroniqueur dijonnais Raoul Glaber. Les exemples de ce
premier art roman sont particulièrement nombreux en
Mâconnais.
D'Ozenay à Saint-Vincent-des-Prés, en passant
par Uchizy ou par Blanot, on rencontre ces édifices
modestes construits de pierre calcaire, dans ce "petit
appareil" qui accroche la lumière. Leurs clochers
élancés contrastent avec les nefs trapues, souvent
couvertes de laves. L'église Saint-Martin de Chapaize
en est l'un des exemples les plus intéressants, avec
ses piles rondes maçonnées, son chevet très
soigné, son élégant clocher légèrement
pyramidal. Cette église s'apparente à Saint-Philibert
de Tournus, mais aussi à celle, disparue, de Cluny
II. Non loin de Chapaize, Brancion, pittoresque nid d'aigle
perché sur un promontoire au-dessus de la route qui
va de Cormatin à Tournus, possède également
une église romane. Cet édifice d'une grande
sobriété, décoré de peintures
murales, forme un ensemble harmonieux avec les halles médiévales
et les maisons du vieux village que domine le donjon du château
fort.
 
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