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la CHAPELLE NOTRE-DAME DU KREISKER
Monument classé.
Elle a sa légende. Un jour de fête de la Vierge,
une couturière travaillait : ne doit-on pas manger
ces jours-là comme les jours ouvrables - Elle s'en
trouva paralysée. Saint-Kireg, voyant son grand remords,
la guérit. En remerciement, elle offrit sa maison dont
on fit une chapelle dédiée à la Vierge.
Gravement endommagée par les Anglais en 1375, elle
est aussitôt reconstruite. Des chapellenies y sont fondées
(Saint-Louis en 1385, la Trinité en 1393, Saint-Goulven
en 1395). Dirigée par un gouverneur, elle est "entre
les mains des bourgeois" et sert de salle de délibérations
jusqu'en 1640 environ ... La foudre ébranla le clocher
et détruisit une partie de la toiture en 1628 : "Elle
est grandement deschue de son ancien titre, étant carante
de réparations" (P. Le Pennec). La réfection
définitive ne sera entreprise qu'en 1668. A l'Est,
de style rayonnant, belle rose de la verrière absidale
"contreforts surmontés de pinacles, d'où
partent les arcs-boutants" (Ch. Abgrall). Au Sud s'avance
un porche à balustrade, joliment ouvragé ; les
six fenêtres flamboyantes sont d'une grande finesse.
A l'Ouest, la porte est surmontée d'une remarquable
rosace que coiffent trois clochetons ajourés. Le porche
Nord est un des plus achevés de Bretagne, arcade ogivale
très pure, voussures richement sculptées de
statuettes et de feuillages, très belle porte géminée,
composée "de deux arcs en accolade, inscrits dans
une ogive à double voussoirs" (Millon, Les Grandes
Madones Bretonnes), sur laquelle se multiplient insectes,
animaux et feuillages. Le plan est bizarre, nettement incliné
à droite : certains y voient le symbole de la tête
penchée du Christ sur la Croix. A l'abord, on est déçu
les fenêtres hautes de la nef ont été
bouchées, enlevant une partie de la luminosité,
les piles à faisceaux de colonnettes paraissent lourdes,
mais l'ensemble est tributaire du clocher. Admirons cependant
les rosaces et les verrières, le beau rétable
du XVIIe dans le collatéral sud, le maître-autel
qui est une copie fidèle de celui du Folgoët,
par Poileu ; la Vierge est une reproduction de celle qui est
au sommet du tympan Nord. Bel ouvrage du XVIIIe, la chaire
est l'ancienne de la basilique : hélas ! elle a été
récemment mutilée (projet de restauration).
La renommée du clocher a dépassé les
frontières et ses poètes n'ont pas manqué,
de Vauban à Ozanam. Pointant à 78 m au-dessus
du sol, il est si pur, si élancé, que sa hardiesse
ne cesse de surprendre. Reposant sur quatre piles rectangulaires,
la tour est d'une élégance rare: "galerie
aveugle et galerie à jour, lancettes ajourées
et lancettes appliquées, ceinture de quatre feuilles
et double corniche" (Ch. Abgrall). L'architecture des
clochetons, qui passent du carré à l'octogone,
est d'une étonnante audace. Ajourée par plus
de 80 ouvertures variées, la flèche est d'une
telle légèreté qu'elle est un véritable
défi à l'équilibre .Déluge
de pierre en dentelle,Cascade de granit jouant du plein et
du vide, Posée là, comme un point d'exclamation
Face aux vents et tempêtes hachant le ciel
Flèche aérienne qui porte si haut le nom de
Notre-Dame Et lance jusques aux nues le Magnificat des Bretons
Chef d’œuvre de la technique, un escalier de 169
marches mène à la balustrade située 40
mètres plus haut, d'où le panorama est sans
pareil.
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