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finistère
Au
Bonheur des plantes
Le choix du Climat océanique s'imposait de lui-même
puisque c'est dans ce type de région que l'on trouve
le maximum de biodiversité. Cependant, le climat du
Finistère possède vraiment des propriétés
singulières. On trouve les mêmes particularités
en plusieurs points du monde très riches en plantes
: Californie,
centre du Chili, sud est de l'Australie, Nouvelle Zélande...
Doux et tempéré subit très peu de variations
de température tout au long des saisons. Grâce
à cette particularité, des plantes s'acclimatent
en Finistère qui ne le pourraient en Méditerranée
ou la sécheresse aurait tôt fait de les brûler.
De ce fait, le Finistère connaît une flore d'une
grande richesse.
D'un point de vue naturel également, la nature du sol,
presque exclusivement acide, est celle qui convient au plus
grand nombre d'espèces telles que rhododendron, camélia,
magnolia, hortensia... II est possible par ailleurs de modifier
la composition de ce sol de le rendre plus calcaire alors
que l'inverse ne l'est pas.
Terre
d'exploration maritime
Le Finistère est un département maritime, dont
la culture et la langue, loin de l'enfermer sur lui-même,
tendent à l'ouvrir au monde. Le Finistère a
produit de nombreux explorateurs, qu'ils soient d'origine
ou qu'ils aient trouvé dans ce département des
tonditions favorables: Gadeau de Kerville qui explora
le Nouveau Monde; Glaziou, botaniste Morlaix, qui étudia
les forêts de l'est du Brésil; Huon de Kermadec,
qui se consacra à l'Australie et à la Nouvelle
Zélande; Raoul, Brestois d'origine, bien connu en Nouvelle
Zélande; Frézier, qui ramena la fraise du Chili...
à Plougastel notamment où elle connaît
un développement notoire... Bougainville et La Pérouse,
pour ne citer que les plus célèbres, font de
Brest un lieu fameux de départ d'exploration maritime.
Le jardin de l'Hôpital Maritime témoigne de cette
activité. II fut fondé pour rétablir
les plantes qui circulaient par mer avant leur réexpédition
vers d'autres lieux. C'est dans un tel environnement que se
situe la fondation du conservatoire. II continue lui même
avec des moyens modernes la tradition de l'exploration du
monde.
Palmiers et chênes
verts
L’environnement naturel du Finistère s'est modifié
peu à peu au fil des siècles, sous la pression
de l'homme évidemment (disparition des bocages et talus)
et du fait de sa particularité maritime. Les Monts
d’Arrée, si appréciés aujourd'hui
pour leur paysage de landes et l'atmosphère particulière
qui s'en dégage, étaient autrefois couverts
d'une forêt. Elle fut quasiment détruite du temps
de Colbert, les arbres ayant fourni le bois nécessaire
à la construction des navires... Les nombreux marins
et explorateurs, célèbres ou anonymes, qui s'élançaient
du Finistère, sont revenus à leur port d'attache
avec des graines et des plants de ces pays lointains. Ils
ont ainsi introduit de nouvelles espèces de fruits,
légumes, fleurs qui nous servent à la vie de
tous les jours ou qui ornent nos jardins : fraises, pommes
de terre, haricots, kiwi, goyaves, hortensias, rhododendrons,
fuchsia...
Le palmier du Chili, Juboeo chilensis, est une introduction
très ancienne. Le grand Jubaea de Morlaix date de 1840,
il est probable qu'il soit le plus ancien d'Europe et peut-être
du monde. Ses dimensions sont exceptionnelles: il atteint
20 mètres de haut, feuilles comprises (une feuille
mesure environ 4 mètres), sa circonférence est
de 3,20 mètres. D'autres Jubaea moins âgés
existent dans la vallée de l'Odet qui reste néanmoins
l'aire naturelle des chênes verts. Ces arbres sont une
des particularités du site. Certains vivent bizarrement
dans de petites falaises et rochers de l'estuaire et quelques
spécimens sont vraiment imposants, l'un des plus grands
atteint 6,70 mètres de circonférence.
Le renouveau des
parcs et jardins
En règle générale l'introduction de plantes
exotiques ont un effet bénéfique parce qu'elles
contribuent
à la diversité des cultures et des jardins.
Cependant, elle peut avoir des retombées néfastes
si elles échappent à tout contrôle (plantes
invasives) et qu'elles banalisent des paysages entiers. De
même, planter des arbres exotiques dans des milieux
rares et menacés comme les dunes, tourbières,
landes, peut entraîner leur disparition, ainsi que celle
des plantes et des animaux qui la composent.
La découverte du monde et spécialement du monde
des plantes est loin d'être terminée mais le
grand chantier de notre temps est incontestablement la transmission
de ce patrimoine vivant aux hommes du futur. On assiste aujourd'hui
à un véritable renouveau de l'art et de l'amour
des plantes. Celle-ci a repris dans les jardins une place
comparable à celle qu'elle avait il y a un siècle.
Et grâce aux conditions particulièrement favorables
de notre région, c'est un aspect de la diversité
du monde que les gens peuvent observer à travers les
parcs et jardins du Finistère.
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