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patrimoine
Le Vieux Morlaix
Un oppidum gaulois puis un camp romain occupèrent successivement
le piton rocheux, aujourd'hui square du Château, qui
domine le confluent des deux rivières - Jarlot et Queffleuth
- Depuis
ce promontoire aux pentes escarpées faciles à
défendre, on pouvait surveiller le trafic des barques
favorisé par le mouvement des marées, et le
passage terrestre obligé des deux régions maintenant
nommées Trégor et Léon et leur jonction
avec la Cornouaille. Cependant, lors de l'immigration en Armorique
des Bretons chassés de leur île (aujourd'hui
l'Angleterre) par les Angles et les Saxons, entre 400 et 600
après J.-C., la plupart d'entre eux ne s'installèrent
ni en bordure de mer, ni dans les vallées, mais sur
les plateaux. C'est ainsi que les paroisses voisines de Morlaix
sont de création plus ancienne que notre ville. Ce
n'est que vers l'an mille, après qu'un seigneur de
Tréguier eût bâti son château féodal
sur cette avancée du "Mont Relais", alors
sur le territoire de Plourin, que des pêcheurs, artisans
et marchands blottirent leurs demeures à l'ombre protectrice
de la forteresse. Née
tardivement, la petite agglomération se développa
avec une rapidité surprenante. Objet de convoitise
pour les comtes du Léon et les ducs de Bretagne, la
ville doit édifier des remparts pour assurer sa sécurité.
Henri II Plantagenêt, roi d'Angleterre en fit le siège
en 1187. Au XIIe siècle, les pêcheries et sécheries
du duc de Bretagne apportent une première période
de prospérité. Puis, le développement
des relations maritimes avec l'Angleterre, la Hollande et
le Portugal, fit de Morlaix l'un des ports les plus importants
de la Manche. Le commerce du lin cultivé et tissé
dans la région, contrôlé par le syndicat
texier de la ville et exporté depuis le port de Morlaix,
assura pendant près de 500 ans la richesse de la cité.
Les échanges internationaux favorisèrent les
courants intellectuels et artistiques. L'architecture et l'urbanisme
prirent à Morlaix un aspect original. Les maisons "à
lanterne" (1) aux riches façades et aux intérieurs
somptueux en furent l'expression la plus caractéristique.
A partir du XVlle siècle, Morlaix déborde ses
remparts pour escalader
les collines voisines et s'étendre en direction de
la mer. La rue longue de Bourette devient la "voie royale"
qui permet de rejoindre Brest. De riches marchands de toiles
y construisirent leurs demeures. Le long des quais, armateurs
et négociants bâtissent des résidences
aux façades majestueuses (Hôtel de Kergoz). La
manufacture des tabacs est édifiée sur le quai
de Léon en 1736. Pour permettre au chemin de fer de
relier Paris à la pointe de Bretagne, le viaduc est
construit de 1861 à 1863.
Ploujean
A trois kilomètres au nord de Morlaix, Ploujean, située
rive droite de la rivière (le Morlaix est l'une des
paroisses voisines qui ont été fondées
quelque 500 ans avant la naissance de la ville d'aujourd'hui.
C'est-à-dire à l'époque de l'immigration
des Bretons, qui, chassés par les Saxons de leur île
de Bretagne, la Grande Bretagne d'aujourd'hui, vinrent s'installer
en Armorique. Cette
paroisse était à l'époque plus grande
du territoire qui n'était pas encore Morlaix. L'église
Ste Marie de Ploujean avait précédé sur
le même lieu l'église, St Melaine d'aujourd'hui.
Quant à la vénérable église du
bourg, édifiée vers l'an mil, ses parties les
plus anciennes, peuvent être antérieures aux
invasions normandes.
L'orgue du XVIIIe siècle construit par Thomas Dallan,
facteur anglais, est l'un des quatre instruments qui font
de Morlaix la capitale des orgues historiques en Bretagne.
Le domaine de Keranroux, le manoir de Keroc'hiou, la maison
Cornic au bas-de-la-Rivière, le Manoir de Penanrue,
le manoir de Coatserho, le château du Nec'hoat, la chapelle
Ste Geneviève, sont autant de témoins de la
longue vie de Ploujean et de l'intérêt suscité
par l'attrait de la campagne et de ses rives proches de la
rade et de la Baie de Morlaix.
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