|
lagrasse
Arrondissement
: Carcassonne Canton
: Lagrasse Superficie
: 3220 hectares Altitude
: 180 mètres Nombre
d'habitants : 636 Economie
dominante : viticulture |
Installée dans la vallée
de l'Orbieu, la localité est placée dans la
zone méridionale du massif de l'Alaric. Son toponyme
Lagrasse provient du terme occitan «grassa» (fertile).
Les origines de l'abbaye de Lagrasse sont antérieures
à la fin du VIIIe siècle: sa charte de «fondation
», rédigée en 779, nous permet de présumer
qu'à cet emplacement s'élevait déjà
un monastère. Son premier abbé fondateur, Nimphridius,
ami de saint Benoît d'Aniane, est également nommé
dans ce document. D'autre part, la légende de Philoména,
manuscrit du XIlle siècle, relate la fondation légendaire
de l'abbaye par l'empereur Charlemagne et la consécration
miraculeuse de l'église abbatiale par le Christ lui-même.
Le monastère de Lagrasse enrichi par de multiples donations,
connaît rapidement la prospérité. Les
premiers dons importants sont enregistrés dans un acte
de l'an 951. L'abbaye subit un essor prodigieux au cours des
IXe et Xe siècles, ses biens s'étendant jusqu'en
Espagne. Au début du Xlle siècle, une centaine
d'églises et près de dix monastères,
allant du Bas Languedoc jusqu'à Saragosse étaient
détenus par Lagrasse. La puissance politique de l'abbaye
se révèle essentiellement au cours de la croisade
contre les Albigeois : Benoît d'Alignan, abbé
de Lagrasse de 1224 à 1230, joua souvent le rôle
d'intermédiaire entre occupants et occupés.
C'est lui qui obtint la soumission de Carcassonne au Roi (1226).
L'abbaye connut son apogée à la fin du Xllle
siècle, sous l'impulsion d'Auger de Gogenx, abbé
de 1279 à 1309. Ce réformateur rédigea
un important statut en 1296. Les périodes troublées
du XIVe siècle ralentissent le rayonnement de Lagrasse.
En 1348, une épidémie de peste noire décima
en grande partie sa population. Ces temps de désordres
suscitèrent également la création d'une
nouvelle réforme du monastère par l'abbé
Guy ler Du Breuil, en 1363. Un nouvel essor de l'activité
artistique de Lagrasse est amorcé vers la fin du XVe
siècle, sous l'abbatiat de Pierre d'Abzac de la Douze,
avant d'entamer une phase de conflit avec la désignation
d'abbés commendataires. L'usage de la commende s'établit
définitivement avec l'abbé Philippe de Lévis,
en 1502.
Au XVIIe siècle, l'abbaye connut un renouveau spirituel
avec l'introduction, en 1662, de la réforme de Saint-Maur,
pourtant acceptée difficilement par certains ecclésiastiques.
Lagrasse témoigne d'une ultime ère de prospérité
économique au XVIIIe siècle, grâce à
son avant-dernier abbé, Armand Bazin de Bezons.
A la Révolution, la communauté, qui ne dénombrait
plus que 14 moines, fut dispersée. L'abbaye fut partagée
en deux lots et vendue aux enchères comme bien national,
en 1796. Cette division demeure encore de nos jours.
D'autre part, sous l'Ancien Régime, l'abbé incarnait
le seul seigneur en toute justice de Lagrasse. Cependant,
les habitants représentés par des «Consuls»,
géraient les affaires de la communauté. Ces
consuls, cités dés 1269, oscillaient en nombre
de deux à quatre.
Du Moyen-Age jusqu'au XVIIIe siècle, les ressources
agricoles et l'élevage constituaient l'essentiel des
revenus de Lagrasse. Toutefois, le village était également
tourné vers l'artisanat et le commerce. La commune,
qui se distinguait alors par son activité drapière,
accueillait le plus grand marché des Basses-Corbières.
Aujourd'hui, ce chef lieu de canton vit essentiellement du
produit de la vigne et de l'accueil touristique. II a réouvert
ses échoppes qui abritent de nombreux créateurs
et artisans d'art.
|