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MUSÉE DÉPARTEMENTAL
D’ART SACRÉ CONTEMPORAIN
EGLISE SAINT-HUGUES DE CHARTREUSE
Lorsqu’on
entre pour la première fois à Saint-Hugues,
on connaît un éblouissement ; la puissance de
cette vision rétinienne tient à la densité
des formes et des couleurs, à leur polyphonie concertante,
et non à la proposition de figuration ou d’abstraction.
C’est au second regard que l’on découvre,
non sans étonnement l’extraordinaire liberté
de l’artiste à l’égard de la forme
figurative. Une liberté positive, une liberté
d’user… comme n’en usant pas. L’exercice
plénier d’un droit de fréquenter le monde
de la figure. De peindre des figures identifiables, sans tomber
dans les ornières de l’art religieux. Mais aussi
bien, de s’écarter d’elles quand il le
faut, de leur refuser l’hégémonie, et
d’y renoncer pour signifier comme il sied la force,
la vie, le mystère par le seul moyen des masses colorées,
des masses dont le grain est éloquent, autant que la
forme ou la couleur.
Unique en son genre, elle représente une attraction
singulière pour les amateurs d’art et
de théologie.
Commencée (1952) en marge du renouveau de l’art
sacré par un jeune artiste inconnu de 25 ans, Arcabas,
l’église entière est ceinturée
de peintures monumentales se développant sur trois
registres superposés de dominante rouge et or, où
sont représentés entre autres sujets, la Cène,
la Résurrection, Adam et Eve, Saint Bruno, la loi de
Moïse, le Psaume 150.
Le petit registre inférieur (Prédelle) exprime
avec plus de cinquante œuvres, la vision du monde de
l’artiste à travers les textes sacrés
en une pédagogie biblique spontanée, poétique
plutôt qu’exhaustive. Vitraux, tabernacle et autel
sculptés, incrustations dans le sol, portes cloutées
parachèvent cet ouvrage réalisé en trente-trois
années d’enthousiasme créateur dans l’art
et la foi révélant un lieu pastoral inspiré,
à l’usage des croyants autant que des incroyants.
C’est ce que font ressortir avec force la composition
architectonique de caractère majestueux et unitaire,
le rythme et la symétrie, le chromatisme jubilatoire,
plaçant ainsi l’église Saint Hugues de
Chartreuse parmi les réalisations les plus ardentes
mais aussi les plus abouties de l’art sacré contemporain.
Une œuvre d’orfèvrerie, étrange et
rare.

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