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FRETEVAL
FRETEVAL : 907 habitants
Terres Cultivables : 970 ha
Surface totale : 2220 ha
Forêts : 212 ha
Venant du carrefour de Fontaine et se dirigeant
pers ORLEANS, le touriste ne peut s'empêcher, en passant
sur les ponts qui enjambent le Loir, de lever la tête
vers les ruines imposantes du vieux donjon de FRETEVAL qui
dans l'axe même de la route domine le bourg et la vallée.
Mais l'histoire de la commune commence de
nombreux siècles avant celle de son château.
Situé dans une plaine alluviable très largement
ouverte présentant, rive droite un versant Ouest aux
pentes relativement douces, coupé de petites vallées
dont l'une fût très tôt pénétrée
par un axe de communication se dirigeant vers le MANS, et
rive gauche un versant Est abrupt, FRETEVAL dut certainement
à sa situation de carrefour et à la présence
d'un gué permettant de franchir aisément le
Loir, un peuplement ancien assez dense.
Deux dolmens et un menhir forment le maillon
naturel entre les mégalithes situés en amont
(BREVAINVILLE, MOREE, ST-HILAIRE) et ceux d'aval (PEZOU et
ARSINES). Le menhir de ST-LUBIN-DES-PRÉS. entre le
LOIR et l'étang, au NORD-EST du bourg dut servir de
bornage au cimetière qui s'implanta non loin de là
autour d'une sanctuaire très ancien. Le dolmen des
Louettes très bien conservé se découvre
en bordure d'un petit chemin que l'on peut emprunter, en allant
du bourg de FRETEVAL vers Fontaine, à gauche avant
de franchir la voie de chemin de fer. L'autre dolmen est là,
tout près, dans une propriété privée,
mais malheureusement profondément bouleversé.
Situé près du carrefour de
Fontaine, occupant une grande partie du versant Ouest de la
vallée, s'élevait
un important ensemble gallo-romain, peut-être l'un de
ces «conciliabula» comprenant théâtre,
thermes et temple, qui furent construits entre Seine et Poitou
et don nous retrouvons les traces à VERDES sur le plateau
beauceron au Nord-Est, à ARSINES dans le val, aux portes
de VENDOME. L'emplacement du théâtre n'a pu être
déterminé, les thermes furent partiellement
fouillés, mais c'est du temple qu'il reste le plus
beau vestige. Cette tour que dans le pays on nomme tour de
Grisset est cella d'un temple gallo-romain du second siècle
dont la construction caractéristique présente
encore une remarquable voûte en briques, ainsi qu'une
succession d'arases en briques dans l'élévation
de ses murs.
C'est là, et les recherches des spécialistes
en font foi, le seul vestige intact d'un monument de ce genre
dans toute l'Europe de l'Ouest. Cette tour mérite donc
intérêt et considération. Au Nord et au
Nord-Est du bourg, sur le territoire de l'ancienne paroisse
de ST-LUBIN-DES-PRES, rattachée à FRETEVAL en
1811, plusieurs emplacements de cimetières mérovingiens
furent découverts apportant la preuve d'un peuplement
encore important à cette époque.
L'église dédiée à
ST-LUBIN se situait non loin du passage du Loir à gué.
En vis-à-vis sur la rive gauche se trouvait la chapelle
Saint-Cyr dépendant de MOREE.
Vouloir raconter en quelques lignes l'histoire
complète du château féodal, de FRETEVAL
serait une gageure difficile à réaliser. De
1060/1080 date probable de la construction du donjon à
1425/1429 époque de sa destruction liée aux
événements de la Guerre de Cent Ans, ce château
qui couvrait plus de 4 hectares vécut à plusieurs
reprises un destin national.
Dès l'origine de sa construction,
en un endroit situé à la limite des comtés
de BLOIS et de VENDOME, la contestation s'élève
à son sujet. Y eut-il usurpation ? C'est bien un long
sujet à traiter et qui dépasse le cadre d'un
guide touristique.
Comme tous les « château de Marche
», FRETEVAL, fut donc un lieu de bataille et de rencontre.
Nous n'en retiendrons que trois dates:
-1154 Henri II Plantagenet se fait battre par, semble-t-il,
la garnison du château.
-1194 Philippe Auguste, venant de VENDOME, est « accroché
» près de FRETEVAL par Richard Cœur de Lion.
Cette bataille, qui ne fut peut-être qu'une escarmouche,
a marqué les esprits car le roi de France y perdit
ses archives. De cette époque date la création
d'un garde des Sceaux.
-1170 Entrevue de FRETEVAL entre le roi d'Angleterre Henri
II, Plantagenet et l'évêque de Canterbery Thomas
Becket, en présence de Thibault, Comte de BLOIS, entrevue
qui se termine par la « Paix de FRETEVAL » du
24 juillet 1170. Quelques mois plus tard, le 29 décembre
1170, l'Archevêque était assassiné dans
la nef même de sa cathédrale par quatre chevaliers
français dont l'un Renaud FITZURSE était le
propre fils du seigneur de FRETEVAL et dont un autre portait
le nom de Hugues de Moreville.
La guerre de Cent Ans sera fatale à
la forteresse qui jouera une dernière fois son rôle
défensif contre « l'Anglais qui finit par être
bouté dehors ».
Le château fut pris et repris puis finalement incendié
vers 1427/1428.
Depuis quelques années, les ruines des trois enceintes
et du donjon, de la chapelle seigneuriale ou de l'église
paroissiale dédiée à St Victor (qui se
dressent sur les quatre hectares du terrain couvert par le
château sur la pointe d'un éperon naturel) sortent
peu à peu de l'oubli et la végétation
qui les envahissaient. Un chantier de fouilles archéologiques,
officiellement agrée par les services compétents,
maintient une activité scientifique sur le site, activité
scientifique qui sera peu à peu relayée par
une activité touristique.
Mais de FRETEVAL, il conviendra aussi de ne pas oublier son
bourg qui fut fortifié et les derniers vestiges des
fortifications : murailles ou tourelles, fossé et contrescarpe
seront progressivement mis en valeur apportant un élément
touristique supplémentaire à un site dont le
charme est indéniable.
Au cours des nombreuses promenades que le touriste pourra
entreprendre dans la campagne environnante, celui-ci ne manquera
pas de jeter un regard sur le vieux manoir de Morville ou
sur l'ancienne ferme fortifiée des Boulets. |